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mercredi 15 avril 2015

Disons... Actions de solidarité en faveur des sinistrés du Vanuatu



Images de l'après cyclone dans les réseaux sociaux:    


        









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 (Google+ est recommandé pour voir ces images)


Introduction:
Après le passage dévastateur du cyclone Pam les 13 et 14 mars 2015 et à la suite des appels à la solidarité en faveur des sinistrés du Vanuatu, il y a eu un formidable élan de générosité à travers toute la Nouvelle Calédonie et dans toutes les communautés. 
  
     

 Et les dons ont rapidement été amenés vers les divers points de collecte ouverts par les organismes de charité (Croix Rouge, Secours Catholique ... et autres associations.



1- Cadre de notre action de solidarité : 
            Beaucoup de ni-vanuatu directement touchés par cette catastrophe ont souhaité que le Consulat du Vanuatu ouvre également un point de collecte au nom de la communauté. Aussi lorsque le lundi 16 mars 2015, j’ai proposé mon aide, elle a été vite acceptée. 
A la Fête de l'Indépendance en 2012.
            Après discussion avec Monsieur John NATONGA, le Président de l’association des chefs du Vanuatu, le Consul Général,  Monsieur MANUAKE Raymond, m’a chargé d’organiser la réception des dons de la communauté vanuatuaise et des amis calédoniens  sous le préau du Temple El Shaddai à Montravel.
Avec le Consul Raymond MANUAKE au premier plan.


2- Déroulement de cette action de solidarité :
            Dès le mardi 17 mars au matin, la collecte de dons a commencé : la communauté vanuatuaise et les amis calédoniens ont répondu en apportant des vêtements, des denrées alimentaires, des outils, du matériel scolaire et autres.







 
Le défilé des donateurs s’est effectué sur deux semaines, du mardi 16 mars au lundi 30 mars.
Il s’agissait de personnes venant seules, en groupes, en familles, en communautés ou en associations. 
           





 3- Mise en cartons calibrés ou colis des dons réceptionnés :
            Les dons de toutes natures  ont été acceptés. Comme à la Croix Rouge, au Secours Catholique ou autres associations, nous avons reçu une montagne de vêtements et beaucoup moins de denrées alimentaires que nous l’espérions.
         

   Cependant, nous savons que beaucoup de nos compatriotes ont aussi emmené leurs dons en denrées alimentaires à la Croix Rouge surtout mais aussi aux autres associations.

            Les dons réceptionnés ne pouvant être mis dans les containers dans leurs emballages divers : valises de toutes tailles, cartons de toutes tailles, sacs de courses ou sacs poubelle, il a fallu opter pour des cartons calibrés.  Nous avons fait appel à plusieurs reprises au Consul Général pour l’achat de ces cartons d’emballage.
           





Même Hyna aide sa maman a trier et a plier le linge.
       


 Et avec l’aide de volontaires, jeunes et vieux, qui sont venus occasionnellement  ou jours après jours, nous avons procédé au tri et à la mise en cartons calibrés de ces dons. 

      Grâce à l’aide précieuse du Pasteur Firiam TOARA et de Leiwia, son épouse, présents sur les lieux, le travail a pu se faire sans interruption surtout pendant mon absence. De même les visites régulières de Madame WALU Ruth  nous ont été d’un grand soutien.
             
         Sur chacun des cartons emballés et scotchés, nous avons mis un numéro pour pouvoir les comptabiliser ainsi qu’une fiche précisant  la nature du contenu : vêtements, matériel scolaire,  riz, sucre etc… Ce qui n’a pas pu être mis en carton comme les outils, a été scotché sous forme de colis et numéroté également.
          

4- La nature des cartons et colis :
       Nous avons emballé un total de 597 cartons et 75 colis numérotés de 1 à 672. Concernant la nature des dons, pour les 10 premiers et par ordre décroissant, nous avons : 445 cartons de vêtements mixtes (hommes, femmes et enfants), 44 cartons de sachets de  riz, 30 balles de riz, 26 cartons de matériel scolaire, 25 colis de pelles carrées, 20 cartons de sachets de sucre, 17 colis de pelles à trous, 16 cartons de vaisselle diverse, 8 cartons de bouteilles d'eau, 6 cartons de pâtes alimentaires, etc…


5- Budget de cette action  de solidarité:
            N’ayant pas de budget propre à cette action pour l’achat de cartons et autres fournitures, nous avons fait appel à Monsieur le Consul  qui a pris sur les frais de fonctionnement du Consulat Général.
            Les dons en argent  ont ensuite permis, d'une part, l’achat de fournitures comme les rouleaux de scotch, les paires de ciseaux et marqueurs et, d'autre part de rembourser l’avance de trésorerie faite par le Consulat. Le solde a servi à l’achat de 30 balles de riz.



        6- L’envoi des deux containers et fin de cette action de solidarité:
Chargement d'un container.
                                                            

        Les deux containers ont été amenés par Swire Shipping Agencies au point de collecte des dons le jeudi 26 mars 2015. Et des équipes de volontaires ont commencé à charger les cartons à partir du vendredi 27 mars. Ainsi tous les dons réceptionnés et mis en cartons ou en colis ont été chargés dans les deux containers : le premier était bien rempli surtout de cartons de vêtements et pesait 5 tonnes. Le second  même s’il n’était pas bien rempli pesait 7,5 tonnes avec des cartons et colis plus lourds. Le poids total de dons envoyés est de 12 tonnes 500kg.

             





 


Ces containers ont été scellés par les employés de Swire SA puis emportés pour être chargés sur le bateau Capitaine Tasman qui est parti le lundi  6 avril pour arriver à Port-Vila le mercredi 8 avril 2015. 

           








      L’action de solidarité sous l’égide du Consulat Général du Vanuatu a pris fin lorsque les deux containers ont été chargés et scellés.


 IMPORTANT: 
Le Consul a  obtenu de Swire Shipping Agencies:
1- le transport gratuit des 2 containers mis à disposition,
2- le fret gratuit de Nouméa à Port-Vila.
Ce mécénat ou sponsoring a permis d'économiser 420 000 CFP ( soit 60 000CFP de transport terrestre et 360 000CFP de fret maritime.)

** A Port-Vila, ces containers ont été réceptionnés par les membres du Bureau National de Gestion des Catastrophes Naturelles (National Disaster Management Office).





Conclusion :
            Cette action fait partie de cet élan de solidarité et de générosité née le lendemain du cyclone Pam.  Et si la participation de la communauté vanuataise à notre point de collecte est restée moyenne, c’est parce que beaucoup de nos compatriotes ont été à la Croix Rouge, au Secours Catholique et autres associations.
            Pour le Consulat Général et moi c’est une première et nous nous en sortons honorablement. Avec l’expérience acquise, nous ferons mieux la prochaine fois !

Remerciements 
        Mes remerciements vont en premier à Monsieur MANUAKE Raymond et à son épouse ainsi que Monsieur NATONGA John qui m’ont accordé leur confiance.
         Ensuite mes remerciements vont au Temple El Shaddai et à Madame WALU Ruth qui ont pu mettre une salle et le préau à notre disposition durant les trois semaines de la collecte.
        Enfin je remercie tous les volontaires, enfants, jeunes, adultes et vieux qui ont donné de leur temps et leur sueur pour trier et mettre en cartons les dons reçus.

Clôture de la cérémonie de la Fête de l'Indépendance en 2012 à Nouméa.








**  L'aide humanitaire internationale n'a pas failli et parmi les premiers pays sur place: la France et la Nouvelle Calédonie, l'Australie et la Nouvelle Zélande.
 Pour voir d'autres images clique ici.

*** Television Blong Vanuatu (TBV) a mis sur son site deux reportages intéressants l'un le 6ème jour après le cyclone et  l'autre le lendemain.J'ai transféré sur Youtube pour un accès plus facile.

                  Voici celui du 6ème jour.


                  Et voilà celui du 7ème jour.












                                                                                             

mardi 28 octobre 2014

Disons...réflexion sur l'intégration de la médecine kanak dans le système de santé.


J'ai trouvé l'article d'Esther CUNEO sur le sujet particulièrement intéressant et je le reproduis ici . Cet article est paru sou le titre:

La greffe prendra-t-elle ?
Publié le samedi 05 juillet 2014 à 03H00 dans 'Les Nouvelles Calédoniennes'.



Engager une réflexion sur l’intégration de la médecine kanak dans le système de santé, aux côtés de la médecine conventionnelle. C’est tout l’enjeu du colloque « Droit de la santé, entre médecine traditionnelle et bioéthique » qui s'achève ce soir [vendredi 4 juillet 2014] à l’université.
Si la médecine traditionnelle a déjà fait les preuves de son efficacité, il reste encore du chemin à parcourir pour l’intégrer au système de santé conventionnel.
Le faux-manguier 
Photo Archives LNC
«C’est nous les immigrés. C’est à nous de nous adapter à la médecine locale. » C’est sur ces mots que Dominique Salino, spécialiste de l’interculturalité des soins, a conclu son intervention au colloque « Droit de la santé, entre médecine traditionnelle et bioéthique ». Proposé par les universités de Nouvelle-Calédonie et d’Aix-Marseille, cette conférence s’achève ce soir, [vendredi 4 juillet 2014] à Nouville.

 Objectif ? Engager une réflexion sur le mariage des médecines traditionnelle et conventionnelle.
Si ces médecines cohabitent, reste à créer des passerelles pour les rendre complémentaires. La réflexion s’inscrit dans la stratégie régionale de l’Organisation mondiale de la santé pour la médecine traditionnelle dans le Pacifique. Une tendance qui prend de l’ampleur. Pour autant, en Calédonie, la route est longue.

Complexe. Cette union s’annonce complexe : la réglementation de la médecine traditionnelle implique l’accès aux savoirs ancestraux. Mais « certains traitements comportent des aspects secrets, et sont d’autant plus difficiles à étudier que le secret est une des conditions majeures de leur réussite », relève l’anthropologue Patrice Godin.
La maladie, dans la société kanak, est perçue comme une « manifestation du déséquilibre d’un ordre établi », ou « d’une rupture dans le tissu des relations ». Un modèle du monde qui n’existe pas dans la culture occidentale, individualiste et qui sépare la médecine des autres composantes de la société. Du côté kanak, c’est un rouage intimement lié à un ensemble. « C’est l’une des médecines les plus complexes qui soit. Elle s’appuie sur un modèle cosmo-social qui répond à une vision universelle du monde. Un système qui ne fonctionne que par les interactions, les échanges, développe Dominique Salino. Dès lors que quelque chose obstrue la circulation, la hiérarchie ou le respect, il va arriver ce que l’on appelle “le malheur”. Chose que nous, Occidentaux, on considère fortuit. » Chose qui n’est pas non plus enseignée sur les bancs des universités.

Juridique. Mais si aujourd’hui les universitaires s’y intéressent « juridiquement », c’est bien parce que « le pays est de plus en plus compétent et qu’il faut s’intéresser à la création du droit calédonien » justifie Guylène Nicolas, maître de conférences en droit public.
Droit commun, droit coutumier : scindé en deux blocs, le droit pose problème lors des soins.
 « On ne devrait pas être obligé de choisir, on devrait pouvoir bénéficier de deux médecines complémentaires », défend le maître de conférences.
Autre difficulté : l’absence d’une codification de la santé calédonienne. Un chantier monstrueux qui dissuade les politiques. « C’est une question qui ne rapporte pas beaucoup de voix », commente Antoine Leca. Directeur du centre de droit de la santé à Aix-Marseille, il apporte sa connaissance juridique au pays depuis quelques années.
Malgré ces contraintes, une première étape est en passe d’être franchie. Une loi du pays sur la protection des savoirs traditionnels est dans les cartons. Mais « elle ne réglera pas les problèmes d’articulation entre la médecine traditionnelle kanak et la médecine occidentale », prévient Guylène Nicolas.
Qui dit réglementation, dit contrôle. Une équation qui laisse peu de place aux inconnues. D’où l’intérêt de se positionner, afin de bénir l’union des deux médecines.

 Questions à… Guylène Nicolas, maître de conférences en droit public

« La guérison n’est pas que biologique »
Les Nouvelles calédoniennes : La médecine kanak a-t-elle fait ses preuves ?
Guylène Nicolas : - Oui. Le problème, comme avec les médecines complémentaires ou alternatives, c’est qu’il y a toujours une suspicion sur la réalité scientifique de l’efficacité du procédé. Les procédés utilisés sont certes une molécule, une plante, mais c’est aussi tout le contexte spirituel qui va avoir une incidence psychique sur la personne. On sait que la guérison n’est pas que biologique. Mais avec la médecine traditionnelle kanak, c’est difficile de faire la part des choses.
Peut-on envisager d’intégrer la médecine traditionnelle dans le système de santé ?
- Des exemples à l’étranger montrent que ça marche. En Australie et en Nouvelle-Zélande, il y a une réglementation de la médecine traditionnelle dans le système de santé. Ils ont réussi à donner un statut juridique aux tradipraticiens. Il faut réfléchir à comment le transposer à la Calédonie. C’est un choix de société qui nécessite qu’on interroge la population et les détenteurs des savoirs.
Comment faire si ces savoirs sont secrets ?
- C’est la problématique. La médecine kanak est efficace parce qu’elle est taboue et on ne connaît pas les détenteurs de ces savoirs, ni comment ils les ont obtenus, ni à qui ils les transmettront. Or, si on veut mettre en lumière cette médecine et fermer la porte aux charlatans, il faut la réglementer. Mais qui va contrôler, si c’est tabou ? C’est à la communauté kanak de se positionner sur cette problématique. L’idée, c’est de réfléchir à comment la coutume ancestrale s’articule avec l’évolution de la société, sur le fondement de ce qu’est la vie et comment on la transmet.

Repères
            Le faux-tabac 
Photo internet
C’est la plante la plus utilisée en Calédonie dans les remèdes traditionnels contre « la gratte ». Il n’élimine pas les toxines mais aide à supporter la crise.
            Le corossol
Photo internet.
Lorsqu’un enfant à la varicelle, il faut faire bouillir ses feuilles et le baigner dans cette décoction de couleur rouge. Les pustules sécheront sans cicatrice. C’est aussi un bon remède pour détendre les bébés nerveux. L’inhalation de la vapeur qui se dégage des feuilles chauffées apaise les crises stomacales dues aux contrariétés.
            Le kaori
Photo internet
Il symbolise la hiérarchie. Son écorce et ses feuilles entrent dans la confection de décoctions qui soignent les maladies que provoque la violation des interdits.
            Le faux-manguier
 
Photo internet
Petit arbre aux feuilles luisantes, il ne dépasse pas 15 mètres et pousse sur presque toutes les rives du Pacifique et de l’océan Indien. Le noyau de son fruit est très toxique. Pour guérir les maladies liées à la transgression des interdits, il faut boire de l’eau filtrée par des feuilles du faux-manguier.
            L’oranger sauvage
Photo internet
Ses fruits qui ressemblent à des oranges ne sont pas comestibles. De Touho aux îles Bélep, on raconte qu’au pays des morts, le fruit de cet arbre permet, au cours d’un jeu, de distinguer l’esprit d’un vivant de celui d’un défunt. Boire une décoction de son écorce guérirait des maux contractés lors d’un voyage au pays des morts.
(Source : province sud)
A noter que certains usages peuvent se révéler nocifs. Il convient donc d’être prudent.
 18
Sur les 37 Etats et Territoires du Pacifique, 18 ont élaboré des documents officiels sur la médecine traditionnelle, alors qu’ils n’étaient que douze avant 2000. La Calédonie n’en fait pas encore partie.
Esther Cunéo

[Note: J'ai rajouté 5 photos de plantes prises sur internet . Clique sur une photo si tu veux l'agrandir.]